Comme son nom l’indique, ce court-métrage traite de la colère, celle d’une génération entière. On entend peu parler des courts en provenance des territoires d’Outre-mer. Pourtant, j’ai découvert celui-ci que vous pouvez regarder sur YouTube. Mais laissez-moi vous en dire plus avant

Les limites du paradis

La fiction se déroule en Nouvelle-Calédonie, coin du monde qui évoque majoritairement le paradis aux yeux des métropolitains. N’est-ce pas ? Un ensemble d’iles et d’archipels au milieu du Pacifique.

Et pourtant…

Pour toute une génération, elle est synonyme de souffrance. Cette génération c’est celle des jeunes tiraillés entre un héritage culturel des anciens, bien ancré dans la société, et l’époque contemporaine dans laquelle ils vivent.

Le passage est extrait du spectacle Paroles de Thio (théâtre, récit de vie, chant et slam) présenté par la Compagnie Les Artgonautes du Pacifique. Pour que vous compreniez bien, je vous donne quelques informations sur Thio.

Le bouleversement

Thio est une commune dont l’histoire a été forgée par l’installation d’une entreprise minière, au 19ème siècle, qui a déplacé des populations et en a fait venir d’autres. Cela a bouleversé la culture des personnes vivants sur place et engendré souffrance et perte de repères sur plusieurs générations.

Un court-métrage engagé

Sur les ondes locales, dans le cadre d’une émission nommée “Coup de gueule”, deux présentateurs reçoivent le père d’une paroisse de Thio. Celui-ci, qui vient de faire les louanges d’un groupe de jeunes volontaires et bénévoles, se retrouve face au discours d’un jeune homme en contraste total avec son “coup de coeur”… Le plaidoyer de l’auditeur apporte un sentiment de tension et de friction très fort qui ne va qu’aller crescendo. A travers son témoignage et ses paroles poignantes on découvre ainsi une autre vision de ce paradis qui nous prend aux tripes.

Un message avant tout

Malgré le fait que les acteurs ne soient pas des professionnels, ils passent tous très bien à l’écran. Dans la même idée, la réalisation n’est pas particulièrement originale mais elle va bien avec le sujet.

Ce qui est intéressant par dessus tout c’est que l’on sent que la technique n’est pas ce à quoi le réalisateur s’est le plus attaché. On sent qu’aucun machine n’a été louée pour les travellings et que tout a été fait à la main. L’image est propre pour un premier court. On plonge tout de suite dans l’action.

Ici, c’est le message de fond qui compte et qui est au centre de la réalisation.

Un court-métrage très instructif que je vous recommande chaleureusement d’aller regarder sur YouTube.


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